Surprise ! Je suis seul, pas d'équipe, pas de webmaster et je m'appelle Joshua Gilgen Gemmologue – étudiant Joaillier – et surtout Chasseur de lumière emprisonnée
Petit, comme beaucoup d'enfant des montagnes, je rentrais à la maison avec dans les poches des cailloux. Mais pas n’importe lesquels. Ceux qui, sous le soleil Suisse, lançaient un éclat différent, un éclat qui murmurait « Regarde mieux… il y a quelque chose de vivant là-dedans. » Je ne me contentais pas de les ramasser. Je démontais le jardin. Littéralement. Ardoise après ardoise, roche après roche, je fracassais, j’ouvrais, je cherchais cette étincelle cachée, ce bout de cosmos enfermé depuis des millénaires dans la pierre. Ma mère soupirait, ma grand-mère levait les yeux au ciel « Joshua, tu transformes le jardin en carrière ! » Elles avaient raison. Mais elles ne voyaient pas encore ce que moi je voyais.
Des fragments d’étoiles tombées, des cœurs de montagne qui battaient encore faiblement sous la poussière. Avec les années, les poches sont devenues trop petites. J’ai commencé à collectionner pour de vrai. Pierres précieuses, Diamant, minéraux rares, gemmes qui racontent des voyages de plusieurs vies géologiques. Et puis la gemmologie s’est imposée comme une évidence. Un métier où l’on apprend à écouter ce que les pierres ont à dire, à décrypter leurs secrets, leurs blessures, leurs feux intérieurs. Mais il manquait quelque chose. Je pouvais admirer, expertiser, nommer à longueur de journée… mais pas toucher mes pierre préférée tous les matins au réveil. Pas la sentir contre ma peau, pas la porter comme un talisman, comme une confidence.
Alors j’ai appris le métier de joaillier. Non pas pour « faire des bijoux », mais pour libérer ces éclats emprisonnés. Pour transformer une idée brute, une émotion brute, un souvenir brut… en quelque chose de palpable, de vivant, qui bat au rythme d’un poignet, qui capte la lumière et la renvoie comme un battement de cœur.
Aujourd’hui, je crée. Parfois atypique. Souvent un peu fou. Toujours avec l’envie de faire naître une émotion précise. Celle du premier regard qui s’accroche, celle des larmes qui montent sans prévenir, celle du « c’est exactement ça » murmuré du bout des lèvres. Vendre mes créations ? Ce n’est pas seulement du commerce pour moi.
C’est accepter que ces morceaux de montagne, ces fragments d’étoiles, ces bouts de rêves que j’ai libérés… continuent leur voyage. Dans une autre main. Contre une autre peau. Pour faire battre un autre cœur. Et ça, ça vaut tous les jardins démontés du monde.
